Le goût du bonheur: Gabrielle

0038OR001 Île d'Orléans

Le premier tome de cette trilogie me narguait depuis longtemps. À chaque fois que j’allais à la bibliothèque avec ma Mami, je l’empruntais. Au bout de trois semaines, parfois six, je lui rendais en lui disant que je n’avais pas eu le temps de le lire. C’est arrivé deux ou trois fois. Un jour que j’allais lui remettre pour une autre fois, elle m’a dit de le garder, que je l’avais jusqu’en août. J’ai fini par m’y mettre, je l’ai lu. Et je me demande encore aujourd’hui pourquoi j’ai attendu aussi longtemps.

Le premier tome de la trilogie Le Goût du bonheur trace les premiers pas de la famille Miller. Ils sont une grande famille unie où chacun est différent, mais très attachant à sa façon.

Gabrielle fait désormais partie de ces personnages que j’admire totalement. À une époque où la femme n’a pas de voix, Marie Laberge en offre une à Gabrielle, une voix bien présente. Elle s’intéresse au droit de votes des femmes ainsi qu’à la protection des enfants de familles démunies, elle a tout  d’une femme moderne. Elle se tient debout, droite et forte. À ses côtés, jamais bien loin, il y a Edward, son mari. Ce dernier respecte sa femme et l’inclut dans ses décisions. Ils sont un couple fort, amoureux et sans vouloir me répéter: moderne. Ils sont sans aucun doute l’un de mes couples littéraires préférés.

Avant souper, j’ai raconté à Reine comment ça se passait chez nous. Comment on était élevées et traitées, les filles Bégin. Ça m’est resté en travers de la gorge tout le long du repas. Je regardais mes filles à table et j’avais le coeur serré à penser qu’elles seraient peut-être oubliées, elles aussi. Comme si on ne comptait pas, comme si une ou l’autre, ça ferait pareil. Mon nom… celui de Germaine. Une sorte de paquet informe : les femmes. Les créatures, que mon père disait. Quand j’entends ça, c’est plus fort que moi, je vois un pacage avec des bêtes qui bougent tout en tas et tout en désordre. Comme ça reste en dedans de l’enclos, ça dérange rien pour l’ordre du reste. C’est de même que je sens ça, Edward : je suis enfermée dans un enclos et que je fasse ce que je veux, que je piaffe, que je rue, ça fera pas de différence, l’enclos est bien fermé, bien étanche. Il y a quelque chose de tellement triste là-dedans. Comme si la vie nous prenait moins à coeur, nous autres, comme si on avait moins de désirs, moins d’urgence que les autres. Sauf pour nos enfants : là on a le droit d’avoir de la volonté et de l’ambition. Je le sais que c’est ridicule, l’histoire du nom, mais c’est comme si je n’existais pas par moi-même. Et je ne peux pas croire que c’est ça, vraiment ça, ma vie ! J’existe dans mes enfants, je sais. Mais c’est pas vrai, Edward, j’existe tellement fort en dedans de moi-même, tellement enragée et volontaire que c’est presque pas croyable que ça n’éclate pas plus. Je vais t’avouer une chose scandaleuse : si je ne t’aimais pas autant, si je n’avais pas ton amour dans ma vie, si je n’avais pas tes yeux qui me regardent vraiment, si je n’avais pas toutes nos folleries pas disables, tout ce qui se passe ici entre nous si je n’avais pas ça, je ne pourrais jamais être la mère et la femme respectable que je suis. Si je ne t’aimais pas comme je t’aime, Edward, je ne serais pas vivable. Pour personne. Et pour moi non plus. Je ne pourrais pas faire comme mes soeurs, je ne pourrais pas parce que ça éclaterait, ce que j’ai dans le coeur. 

Outre ces deux-là, je me suis prise d’affection pour Adélaïde et Florent, que j’ai hâte de voir évoluer dans les tomes suivants, et pour Nic, ce protecteur de la famille Miller, qui m’a troublée à certains moments, mais pour qui j’ai un grand respect.

La plume de Marie Laberge est douce, mais poignante. Elle fait du bien, comme elle fait mal par moment. À plusieurs reprises, je relisais un passage pour être certaine que chaque mot était bien imprégné dans mon esprit. À chaque fois, j’étais charmée.

Sans qu’il y ait de grande intrigue, chaque personnage a son intrigue propre. On se demande où ils vont aller, ce qu’ils vont faire, comment ils vont s’y rendre. J’ai pris un grand plaisir à suivre ces personnages individuellement et en groupe parfois. Ce premier tome est un gros pavé et pourtant, j’en voulais toujours plus et je ne voulais pas que ça cesse.

Si je peux m’attarder sur un passage en particulier, ce sera celui de la fin. La fin de ce premier tome est brutale. Elle fait mal. Atrocement mal. Encore aujourd’hui, je n’en suis toujours pas remis et je me dis que c’est impossible, que ça ne se peut pas. Que je commencerai le tome 2 et que je découvrirai que c’était une grosse blague.  Je ne veux pas y croire. J’espère que le tome suivant mettra un peu de baume sur mon coeur. D’ici là, j’espère avoir guéri de cette fin.

Vous aurez compris que malgré tout, ce livre a été un gros coup de coeur pour moi. Il m’a fait mal au coeur, mais il l’a aussi apaisé. Vraiment, lisez ce livre. Découvrez cet univers. Et comme moi, vous remercierez Marie Laberge de l’avoir créer.

cropped-separateur.png

 

couv29384941Québec, 1930. Gabrielle est mariée avec Edward depuis bientôt dix ans. Entre la maison de l’Île d’Orléans et celle de la Grande-Allée, elle mène une vie bien remplie, entourée de ses cinq enfants.
De toute évidence, il s’agit d’un mariage heureux. Mais cette chose qui devrait être si simple fait pourtant froncer bien des sourcils dans l’entourage de Gabrielle. Décidement, le bonheur est suspect en cette époque où notre sainte mère l’Église nous dit que nous ne sommes pas sur Terre pour être heureux mais pour accomplir notre devoir.
L’élégante Gabrielle a bien du mal à se soumettre au code strict de la société bien sage et bien pensante. Et si c’était possible de changer le monde autrement que par la prière?

COUP DE COEUR 

LABERGE, Marie, Le goût du bonheur: Gabrielle, Boréal, 2001, 616 p.

Publicités

Les tribulations de l’Écureuil #2 (Juillet 2017)

large (22)

Mes lectures du mois

En juillet, j’ai lu trois livres, presque quatre. J’ai commencé le mois avec Du bon usage des étoiles, un coup de coeur. Depuis que j’ai lu Le Comte de Monte-Cristo, je suis amoureuse des marins, alors retrouver un univers semblable m’a fait un bien fou. Ensuite, j’ai lu Les maisons, une belle découverte mais sans plus. J’ai rapidement lu le tome 2 de L’épouvanteur. Je ne l’ai pas chroniqué et je ne pense pas chroniquer les autres tomes, mais j’ai passé un bon moment et je suis contente de suivre le parcours de Tom et de voir qu’il devient de plus en plus mature. Vers la fin du mois, j’ai commencé Gabrielle de Marie Laberge, que je viens tout juste de terminer. Ce livre, je vous en reparle sous peu, a été un énorme coup de coeur: je suis dévastée. J’ai aussi lu quelques bandes-dessinées: je passe toujours un bon moment.
Malgré que j’aurais aimé lire davantage, je suis très contente des lectures que j’ai faites en juillet.

En juillet, on se souvient de quoi ?

Juillet a été un très bon mois. J’ai passé plusieurs heures dehors, tranquille, à lire. Ça m’a fait un bien fou. Je n’ai pratiquement lu que des livres québécois, chose rare, et je dois dire que je suis comblée. J’ai l’impression de découvrir une nouvelle littérature et elle me plaît complètement. J’ai regardé la dernière saison de Pretty Little Liars; j’y étais accro et je l’ai dévorée en quelques jours. Mais la fin m’a déçue, comme beaucoup.
Durant le mois, il a fait très chaud, alors j’en ai profité pour aller me baigner souvent et me faire bronzer. Je n’ai jamais été autant bronzée de toute ma vie (oui, je trouvais important de le mentionner). J’ai passé du bon temps avec ma famille et je me rends compte à quel point ils sont importants pour moi.
Vraiment, juillet a été un très bon mois.

Les prévisions d’août

Août, le dernier mois des vacances. Je veux profiter, tout simplement. M’amuser. Me reposer. Lire. Découvrir de nouvelles choses. Peut-être aller à la mer.
Côté lectures, je ne sais pas encore ce que je vais lire vraiment. Je vais y aller comme je le sens tout simplement. Aucune pression. En août, je veux juste profiter des petites choses et me créer mon propre bonheur.

large (23)

L’instant bulle #2

9782922827736_originalC’est pas facile d’être une fille 2: Tout va bien aller

Dans ce deuxième tome, Estelle prépare son mariage. Ça m’a fait plaisir de retrouver cette héroïne. Sa vie est comique, mais aussi un peu dramatique. Sa meilleure amie est en pleine crise: elle ne sait plus qui elle est. Estelle doit ainsi dealer avec toutes les petites choses de la vie, tout en préparant son mariage. C’est une femme qui est forte et qui est supporté d’un amoureux incroyable. Il prend soin d’elle et il la réconforte lorsqu’elle doute. J’ai adoré ce deuxième tome, je crois même l’avoir préféré au premier. J’ai hâte au prochain !

 

 

hivernucleaire2Hiver nucléaire 2

Dans mon premier Instant bulles, je vous parlais du premier tome de Un hiver nucléaire. Rapidement, j’ai emprunté le suivant. On retrouve Flavie, un peu affaiblie dû aux réactions chimiques produites dans l’air, avec un nouveau « problème » : sa soeur débarque chez elle sans préavis ! La protagoniste est très attachante et on peut facilement se reconnaître en elle. Elle m’a charmée une fois de plus.
Le seul bémol de cette bande-dessinée, je dirais, c’est qu’elle me parait affreusement courte. J’ai l’impression de claquer des doigts et l’histoire est déjà conclue… mais j’ai quand même passé un chouette moment entouré de neige !

 

ACH003239544.1349795786.580x580Jane, le renard et moi

Je vous garde encore mon coup de coeur pour la fin. Je voulais le lire depuis une éternité, alors imaginez mon bonheur quand je l’ai vu à la bibliothèque. Jane est une jeune fille qui se fait intimidée et qui n’a aucun ami. Elle est très triste et elle trouve son unique plaisir dans la lecture, soit Jane Eyre. Je me suis attachée à cette petite fille, car je me suis vue en elle. Et les dessins sont sublimes, très sombres et la couleur est mise stratégiquement. Tout est parfait. Je le recommande fortement.

 

Hantée

Abandoned House Living Room

À quel moment se remet-on de son passé ? À travers Les maisons, Tessa tente de répondre à cette question lorsqu’elle revoit son amour de jeunesse bien des années après que leur relation ait connu un terme. Plus le temps avance, plus Tessa se demande si on se remet réellement un jour de son passé.

Lorsque j’ai terminé ma lecture, j’ai eu ressenti plutôt positif. Pourtant, aujourd’hui, alors que j’ai refermé ce livre il y a plusieurs jours déjà, mon souvenir commence déjà à s’estomper. Je pense qu’il m’a manqué un petit quelque chose, cet élément de plus qui fait chavirer mon coeur.

L’histoire de Tessa m’a laissé perplexe. Sa vie est plutôt banale: elle a un travail, un mari et trois enfants. Puis un jour, elle tombe sur son ex. À partir de ce moment-là, elle remet tout en question. Si cette réaction est naturelle, je pense qu’elle m’a un peu énervée. Elle a un mari idéal, trois garçons adorables et elle est prête à tout risquer pour retrouver la fougue du premier amour. Elle ne réfléchit même pas: elle va revoir son ex, peu importe le prix à payer. J’aurais aimé sentir le déchirement de Tessa, alors que tout ce que j’ai vu est sa lâcheté. Certes, on peut y voir du courage puisqu’elle est prête à tout, mais en quoi est-ce courageux d’abandonner des gens qui comptent sur elle ?

À un moment, Tessa retourne loin dans son passé et elle aborde le sujet de sa mère. Ces pages m’ont énormément plu puisqu’elles nous présentent Tessa à son commencement dans la vie et on voit rapidement que ses fondations ne sont pas très solides.

Je ne comprenais pas encore que ça n’avait rien à voir, que ce qui la tendait à se rompre, c’était l’effort contenu qu’elle mettait à ne pas me décevoir, à ne pas révéler l’inconstance financière de mon père; ce qui faisait trembler ses lèvres, c’était l’amour.

La plume de Fanny Britt est de celle qui se laisse lire avec fluidité. On ne voit pas les pages défilées, car on a l’impression d’écouter un ami qui nous raconte sa vie. Et on ne se lasse pas de l’entendre.

Malgré tout, je pense que Les maisons possède du matériel qui nous porte à réfléchir. Qu’on soit en accord ou non avec les choix de Tessa, on se met facilement à sa place et on se demande rapidement quels auraient été nos choix. Après tout, qui n’a jamais été tenté par son passé ?

 

cropped-separateur.png

9782924491119_originalDans trois jours, Tessa, agente d’immeuble et mère de trois enfants, a rendez-vous avec un homme.
Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, l’essayage d’un maillot de bain, un pont à ne pas briser, des rappels de l’enfance, la peur de vieillir dans l’amertume. Habitée par une peine indélogeable, Tessa examine les contours de son passé. Cesse-t-on un jour de désirer ce que l’on a si ardemment voulu ?

★★★☆☆

BRITT, Fanny, Les maisons, Montréal, Le cheval d’août, 2015, 221 p.

 

De la poésie jusqu’en Arctique

Icebreaker ship, Beaufort Sea, U.S.A.
Le brise-glace canadien Louis S. St-Laurent, se frayant un chemin à travers les glaces du bassin canadien en mer de Beaufort, Alaska. © Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Quand j’ai pris ce livre entre mes mains, j’ai su qu’il allait me marquer. Je pense qu’il est arrivé au moment où j’en avais le plus besoin: je voulais un livre qui me charme en me transportant ailleurs. Je rêvais d’évasion pour un moment.

Du bon usage des étoiles raconte plusieurs histoires. On suit Francis Crozier, sir John Franklin, leurs matelots et les femmes qui occupent leur coeur. L’histoire principale est celle qui se déroule sur les navires. On partage le quotidien de plusieurs marins qui naviguent vers l’Arctique et qui, un jour, se retrouvent prisonniers de la glace. Ils n’ont alors qu’un seul choix: attendre que la glace se dissipe. Et comment font-ils pour oublier le froid qui s’empare pas à pas de leurs os? Ils se réchauffent avec l’Art.

Perlerorneq. C’est le mot par lequel les Esquimaux nomment ce sentiment rongeant le coeur des hommes pendant l’hiver qui s’étire sans fin et où le soleil n’apparaît plus que de loin en loin. Perlerorneq. Rauque comme la plainte d’un animal qui sent la mort approcher.

Si j’ai autant apprécié ma lecture, c’est grâce à deux éléments. Le premier est l’atmosphère froid que l’histoire dégage et qui nous donne comme seule envie de nous réchauffer avec un bon thé chaud. Comme les matelots, on se sent attaqué par le froid arctique et le confort de notre lit semble encore plus élevé. Ensuite, la présence de la littérature sous toutes ses formes m’a touchée. Dominique Fortier nous offre de la poésie, du théâtre, de la lecture: elle nous montre que quand il n’y a plus rien, il y a encore l’Art. Et que s’il ne peut pas nous sauver, il peut au moins nous maintenir en vie.

Francis Crozier est le personnage auquel le lecteur a le plus accès puisqu’il se confie à travers son journal de bord. Comment ne pas s’y attacher ? Il est amoureux, mais prisonnier de sa solitude. À plusieurs reprises, il fait face à des situations sans lendemain qui le pousse à prendre de graves décisions. Je me souviendrai de lui pour sa sensibilité et sa force qui font de lui un grand homme.

Crozier savait mener des hommes dans la bataille comme dans la paix, il savait lire la mer et le paysage, les nuages et les astres, il savait le grand corps de bois de son navire aussi sûrement que celui d’un chien fidèle, mais il ignorait et ignorerait toujours comment présenter une tasse de liquide tiède et acide à une dame de manière à ce qu’elle s’en régale et se considère comme son obligée. Pour cela, il aurait troqué le reste sans hésitation.

Dominique Fortier possède une de ses plumes qui se savoure doucement. Je me sentais comme un enfant le jour de Noël devant ses mots: j’étais émerveillée. Devant un style d’écriture qui nous plait à ce point, on a tendance à toujours en redemander plus. Toutefois, avec cette autrice, j’étais constamment comblée. Je n’avais pas cette soif qui me commandait à toujours continuer à lire. Je dégustais chaque phrase, chaque mot avec un plaisir divin.

Du bon usage des étoiles, c’est un livre qu’on lit seul, emmitouflé sous les couvertes avec un faible éclairage. Pour se protéger du froid et pour se rappeler que l’Art nous est offert afin de nous réchauffer le coeur.

À lire en écoutant cette chanson… 

 

cropped-separateur.png

COUV_DuBonUsageDesEtoiles_Coda_NE-581x1024

129 hommes, deux navires, 45 tonnes de nourriture et une tonne de thé.
Trois années passées dans les glaces de l’Arctique et puis l’éternité.

Mai 1845, le Terror et l’Erebus, sous le commandement de sir John Franklin, partent à la conquête du mythique passage du Nord-Ouest avec, à leur bord, suffisamment de provisions pour survivre des années aux rigueurs de l’Arctique. Les navires se retrouvent bientôt prisonniers des glaces, et un nouveau voyage s’amorce, immobile celui-là, dont Francis Croznier, second de l’expédition, rend compte dans son journal, évoquant le froid, la faim, le désespoir qui guette les hommes. Pendant ce temps, en Angleterre, celle qu’il aime multiplie les bals et les thés en compagnie de sa tante lady Jane Franklin, prête à tout pour retrouver son mari.

_________________COUP DE COEUR 

FORTIER, Dominique, Du bon usage des étoiles, Alto, 2010, 335 p. 

 

Les tribulations de l’Écureuil #1 (Juin 2017)

alexawakeup1
Fatma Beyza

J’ai toujours aimé m’asseoir devant mon ordinateur le premier du mois pour revoir le mois qui vient de se terminer. J’avais arrêté de faire des bilans du mois sur le blog, car il me semblait que le format ne me convenait plus et que ça devenait une corvée, non pas un moment de plaisir ou de détente. Aujourd’hui, je reviens en force (je l’espère!) avec un bilan du mois amélioré !

Mes lectures du mois

En juin, j’ai lu trois livres, soit Siddharta de Hermann Esse (non-chroniqué), Aliss de Patrick Sénécal (chronique) et Le Comte de Monte-Cristo II (chronique). Mon coup de coeur va sans équivoque pour l’histoire du Comte de Monte-Cristo que j’adore éperdument. Ma déception du mois est Siddharta, puisque je suis complètement passée à côté du message de l’auteur. La spiritualité n’est pas un élément qui m’intéresse ou qui me pousse à réfléchir, du coup j’ai eu beaucoup de mal à terminer ma lecture. Pour ce qui est d’Aliss, c’est une très bonne lecture et je suis contente de l’avoir lu pour mon défi « 12 mois, 12 amis, 12 livres ».

 

En juin, on se souvient de quoi ?

Juin: premières baignades ! Je suis tellement heureuse d’avoir retrouvé les piscines et de pouvoir me prélasser dans l’eau comme un poisson et de tout simplement être bien.
Vers le début de mois, j’ai commencé à aller offrir mon aide dans un potager non loin de chez moi. Tout en travaillant, j’y ai appris plusieurs informations sur les plantes et les légumes. Je me suis aussi achetée quatre petites plantes de fines herbes : de la lavande, du romarin, du thym et de la menthe. Avec de l’aide, je me suis fait un petit potager où j’y ai planté salades, épinards, échalote et ciboulette. On peut dire qu’en juin, j’ai développé mon pouce vert !
Vers la fin du mois, j’ai pu commencer à préparer mon déménagement pour le 1er juillet. J’ai pu faire le ménage dans toutes mes affaires et me débarrasser du superflu pour ne conserver que l’essentiel. Ainsi, j’emménagerai avec mon copain et je pourrai enfin commencer à construire notre petit nid douillet.
En juin, j’ai aussi pris tout simplement le temps de lire. J’adore m’asseoir dehors devant la maison pour lire et je l’ai fait à presque tous les jours durant le mois. Ce mois-ci, j’ai juste voulu savourer mes lectures sereinement.

large (14)

Les prévisions de juillet

En juillet, je recommence à travailler à la bibliothèque un peu plus. Pas de temps plein ni rien, mais ça me tiendra occupé. Je vais essayer d’aller aider au potager, si la température le permet. Et puis, parlant de température, si le soleil daigne se pointer, j’essaierai de bronzer un peu !
Au courant de mois, j’aimerais lire au moins cinq livres. Ces derniers jours, les livres québécois m’intéressent pas mal et je veux prendre le temps de continuer à les découvrir. Sur ma liste, il y en a, entre autres, La femme qui fuit, Les maisons et Gabrielle.

 

Et vous, en juillet, qu’avez-vous de prévu ?
Bon mois à tous,
Victoria

Un roman à saveur de vengeance (Partie 2)

2002_the_count_of_monte_cristo_010

En janvier, je terminais le volume I du Comte de Monte-Cristo pour n’ouvrir le volume II qu’au mois de mai. Même si j’avais très hâte de m’y remettre, j’avoue avoir eu un peu de mal au début, car je ne me souvenais plus parfaitement des personnages et des évènements. Toutefois, Alexandre Dumas a continué de me charmer avec son histoire.

Dans ce deuxième volume, Monte-Cristo est à Paris, entouré de tous ceux qu’il a connus avant d’être emprisonné au Château d’If. On y retrouve Danglars, Caderousse, Fernand et surtout, la belle Mercedes. Le reconnaîtront-ils ? On espère que oui, mais en même temps on veut laisser à Edmond le temps de bien mettre en place sa vengeance.  Vengeance qui, justement, prend bien du temps à s’assouvir puisque Monte-Cristo opte pour une vengeance lente, mais bien plus souffrante.

Monte-Cristo m’a énormément plu dans cette deuxième moitié, car on a un plus grand accès à ses pensées et à ses émotions. Il veut se venger, mais au final, ne serait-il pas plus heureux s’il pouvait passer à autre chose et s’éloigner de tous ces gens ? Ainsi, malgré son désir de vengeance qui est très fort, il ne veut pas non plus avoir de remords par la suite. On sent la complexité du personnage et on se demande nous aussi, s’il ne devrait pas tout arrêter ou bien si, au contraire, il devrait aller le plus loin possible.

Insensé, dit-il, le jour où j’avais résolu de me venger, de ne pas m’être arraché le coeur !

Pour ce qui est des autres personnages, j’ai pris un plus grand plaisir à les suivre que durant la première partie. Les personnages qui ont causé du tort à Edmond voient enfin le karma se retourner contre eux et malgré moi, j’étais amusée de les suivre dans leur chute. Edmond a tellement souffert injustement qu’on se dit que ces « ennemis » méritent le même sort. Cependant, certains personnages sont respectables et Monte-Cristo fait en sorte que le sort leur soit favorable. Personnellement, Albert et Eugénie m’ont grandement touchée.

Les blessures morales ont cela de particulier qu’elles se cachent, mais ne se referment pas ; toujours douloureuses, toujours prêtes à saigner quand on les touche, elles restent vives et béantes dans le coeur.

Le Comte de Monte-Cristo m’aurait fait versé des larmes à quelques reprises et pour moi, cela montre le génie derrière Alexandre Dumas. Je me suis tellement attachée à Edmond Dantès et j’ai tellement aimé le suivre à travers ces 1600 pages que je ne suis pas prête de l’oublier de sitôt.

cropped-separateur.png

untitled1838. Un seigneur étranger, le comte de Monte-Cristo, intrigue le grand monde parisien par son faste extraordinaire, ses manières, raffinées et fantasques, la jeune femme orientale qui vit dans son ombre. Qui – hormis peut-être la belle et mélancolique comtesse de Morcerf – pourrait reconnaître en lui le pauvre marin Dantès, arrêté à Marseille vingt-trois ans plus tôt ? A travers les péripéties d’une vengeance implacable, c’est le Paris de Balzac qui revit dans ce second volume. Dandys, femmes du monde, personnages patibulaires ressurgis du bagne, se croisent autour d’inoubliables figures – le banquier politicien Danglars, le sévère procureur de Villefort, le hautain comte de Morcerf, pair de France. Romancier de l’histoire, l’auteur des Trois Mousquetaires et de La Reine Margot révèle dans ce chef-d’œuvre une autre facette de son génie : le roman de mœurs et de critique sociale, servi par un sens inégalé de l’action et du suspense.

……………..__________________COUP DE COEUR ♥

DUMAS, Alexandre, Le Comte de Monte-Cristo II, LGF, 1995, 797 p.