Frankenstein ou le Prométhée moderne

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J’ai découvert Frankenstein pour la première fois il y a trois ou quatre ans. Je me souvenais avoir été subjuguée par la plume de Mary Shelley : c’est ce qui m’avait marquée le plus. Il y a quelques semaines, j’ai dû relire ce livre pour un cours. J’entrais donc dans cette lecture avec un sentiment chaleureux de savoir que j’allais passer un bon moment.

Frankenstein est une histoire connue de tous. Victor Frankenstein, un scientifique, décide un jour de contrer la mort et de créer la vie. Il passe plusieurs mois de dure labeur où il réussit finalement à donner la vie à une créature. Pris d’un dégoût épouvantable, il fuit immédiatement et laisser sa créature seule, sans aucune connaissance du monde.

J’ai réalisé cette relecture avec une mentalité différente et des yeux plus matures. Si Frankenstein m’avait charmée auparavant, ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. Durant sa vie, Victor est condamné à souffrir, car il ne souhaite pas venir en aide à sa créature. Où certains pourrait y ressentir de la pitié, j’ai envie de crier : Tout est de sa faute ! Il crée une créature pour immédiatement l’abandonner, alors qu’elle est totalement dépendante de lui. Ainsi, j’ai ressenti de la pitié non pas pour le créateur, mais pour la créature. Elle est laissée à elle-même, sans personne avec qui vivre et sans aucune aide. Cette créature est devenue un monstre et il n’y a personne d’autre à blâmer que Victor Frankenstein.

J’ai aussi levé les yeux au ciel à plusieurs reprises. Je ne désire pas entrer dans les détails, mais plusieurs éléments sont incohérents. Je pense que c’est ce qui m’a le plus dérangée durant ma lecture. Le fait de donner vie à une créature montée de toutes pièces, cela relève de la science-fiction ou du fantastique, alors on peut y croire malgré tout. Mais cette histoire comporte trop d’irrationalisme pour qu’on y croit vraiment. Comment une créature deux fois plus grosse qu’un homme peut se balader en ville sans ne jamais être vue par personne d’autre que Victor ?

Revenons au point qui m’avait fait autant aimé Frankenstein lors de ma première lecture : la plume de Mary Shelley. Encore aujourd’hui, je considère Mary Shelley comme une grande autrice, mais il me semble que son texte m’a moins charmée que la première fois. Peut-être, justement, parce que c’était la deuxième fois que je le lisais. Certes, Frankenstein demeure un roman incroyablement bien écrit qui possède un travail de précision sur la forme.

Avec cette relecture, le souvenir le plus marquant que je garde de ce livre est sans aucun doute l’injustice avec laquelle la créature a été traitée. Malgré son physique rebutant, j’aurais parfois souhaité la prendre dans mes bras et lui montrer que tous les humains ne sont pas aussi immondes que Victor Frankenstein et qu’elle pourrait, elle aussi, connaître la sérénité et le bonheur.

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En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa soeur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un — qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.

★★★☆☆

 

SHELLEY, Mary W., Frankenstein, Marabout, Belgique, 1978, 327 p.

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