Un amour rythmé par la folie

Tango Painting by willem haenraets; Tango Art Print for sale
Williem Haenraets

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque un peu sur un coup de tête. J’avais entendu des avis très positifs à son sujet et comme il est très court, je me suis laissée tenter. Je ressors toutefois très mitigée de cette lecture et je ne suis toujours pas certaine d’avoir aimé ou non.

En attendant Bojangles raconte l’histoire d’une petite famille de trois. La mère, chef du trio, a un caractère très imprévisible ce qui fait que le père et le fils n’ont aucune idée à quoi s’attendre avec elle. Elle est heureuse puis triste, enjouée puis en colère, mais toujours amoureuse. C’est un roman sur l’amour qui amène le lecteur à se demander si ce sentiment a raison d’être plus fort que tout.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai un avis assez mitigé. Dès le début, la mère est atypique : elle demande à son mari de l’appeler par un différent prénom à chaque jour, elle vouvoie son fils et elle lui offre une éducation bien spéciale. Rapidement, on se rend compte qu’elle est atteinte d’une maladie mentale. Et le père embarque dans son jeu. C’est là que ça m’a posé problème. Je peux comprendre l’attrait d’une vie de fantaisie où on ne sait jamais si un élément est vrai ou faux, où chaque jour est une opportunité de créer un monde nouveau et de fêter, mais quand cela touche un enfant, je ne suis plus tellement en accord avec ce mode de vie. En fait, j’ai trouvé le père égoïste. Il aime sa femme, il aime la vie de frénésie qu’il a crééé avec elle, mais le petit garçon devra éternellement se remettre de cette enfance bric-à-brac. Certes, ses parents sont une des plus belles preuves d’amour qui soit, mais ce n’est pas suffisant à mes yeux. Vous voyez un peu mon dilemme : j’accepte leur amour fou mais je refuse qu’un enfant soit déboussolé pour le restant de ses jours.

Le problème c’est qu’elle perdait complètement la tête. Bien sûr, la partie visible restait sur ses épaules, mais le reste, on ne savait pas où il allait.

Le point fort du roman, élément qui fait que j’ai persisté dans ma lecture quand j’avais envie de tout arrêter, est la prose de l’auteur. En grande majorité, l’enfant est le narrateur de l’histoire et j’aimais son ton naïf, mais aussi rempli de sens. L’enfant voit bien que sa mère a un problème, que ses crises récurrentes ne sont pas normales, mais malgré tout, il continue à l’aimer, à lui trouver des excuses et à tout faire pour lui conserver ses illusions. En fait, la mère est un peu l’enfant dans cette famille. Quand ce n’est pas l’enfant qui raconte, le lecteur a accès au journal du père. Ce sont des passages qui aident énormément pour comprendre l’état de la mère et pour apporter quelques précisions. Peu importe les passages, Olivier Bourdeaut a une très belle plume et je serais bien contente de le voir publier un deuxième livre.

Bref, je suis encore bien perplexe face à cette lecture. Je pense qu’elle pourrait plaire à plusieurs, car le sujet est intéressant et touchant, mais en même temps… je ne sais pas. Je suis bien déboussolée moi-même.

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Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

★★★☆☆

BOURDEAUT, Olivier, En attendant Bojangles, Finitude, 2015, p. 158.

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4 réflexions sur “Un amour rythmé par la folie

  1. Enfin un avis sur ce livre qui détonne un peu de toutes ces louanges, je commençais à m’angoisser et à ne pas du tout vouloir le lire, parce que trop d’éloges tuent l’esprit critique. Du coup je suis bien curieuse et je vais essayer de me le procurer pour me forger mon propre avis dessus.

    Aimé par 1 personne

    • J’avoue que moi aussi je ne vois que des avis positifs sur ce livre. Je m’attendais à bien aimer moi aussi et au final… le seul élément positif dont je me souviendrai c’est la prose de l’auteur. Hâte de lire ton avis si tu le lis en tout cas !

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  2. J’ai eu à peu près le même ressenti de toi, je ne savais pas trop quoi penser, surtout après voir vu autant d’avis élogieux ! J’ai été aussi gênée par la place de l’enfant et le fait que ce qui passe pour de la pure fantaisie est au fond une maladie et donc pas de quoi se rejouir…

    Aimé par 1 personne

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