Le Club des Incorrigibles Optimistes

c9621da1537adacd6628a4989d7d92b2

Ce roman reposait dans ma bibliothèque depuis une éternité, quand mon amie Océane (m’a annoncé qu’elle comptait le lire prochainement. Sans aucune hésitation, je lui ai proposé de faire une lecture commune.

Le Club des Incorrigibles Optimistes a comme narrateur le jeune Michel Marini. À tous les jours, il va jouer au baby-foot au Balto. Curieux, il découvre rapidement ce qui se cache derrière la porte de l’arrière-salle: un club d’échec. Là, il fera la rencontre de plusieurs hommes qui changeront sa vie. Et la nôtre du même coup.

L’intrigue tourne principalement autour des personnages du Club. On veut connaître leur passé et ce qui fait qui ils sont aujourd’hui. Rapidement, l’auteur nous fait comprendre qu’il y a un problème entre Sacha et tous les autres membres, mais surtout Igor. Michel, tant qu’à lui, essaie tant bien que mal de réussir à l’école tout en ayant une famille plutôt dysfonctionnelle qui lui cause bien des soucis.

Je n’ai jamais compris comment on pouvait dire une chose et faire son contraire. Jurer qu’on aime quelqu’un et le blesser, avoir un ami et l’oublier, se dire de la même famille et s’ignorer comme des étrangers, revendiquer des grands principes et ne pas les pratiquer, affirmer qu’on croit en Dieu et agir comme s’il n’existait pas, se prendre pour un héros quand on se comporte comme un salaud.

Au tout début, ce qui m’a vraiment plu, c’est l’atmosphère littéraire. Elle est très présente. Michel est un passionné de littérature : il lit sans arrêt, en marchant, en cours au lieu d’écouter le prof, tout le temps. Lorsqu’il découvre un auteur, il lit tous ses livres, du premier au dernier, avant de changer d’auteur. Le fait qu’il aime autant lire l’a rendu très attachant à mes yeux. Les chapitres où on le suit dans son quotidien étaient aussi mes préférés. Dans les autres, on suivait les personnages du Club dans leur vie privée -bien souvent en Russie- et parfois, je trouvais les pages un peu longues. Retrouver Michel était un plaisir à chaque fois. J’ai aimé le suivre dans sa vie, comme dans ses lectures.
Toutefois, ce qui fait vraiment la force de ce roman à mes yeux, c’est la relation entre tous les membres du Club. Ce sont tous des hommes, plutôt âgés, qui ont quitté leur pays pour trouver refuge à Paris. C’est ce qui les unit. Et jamais bien loin, il y a Michel. Ils passent leur temps à jouer aux échecs, mais ils sont toujours présents si l’un des leurs a un problème. J’aurais aimé être à la place de Michel pour pouvoir passer du temps avec eux. Avec le temps, ils sont devenus des frères et c’est beau à voir. Malgré tout. J’ai eu un faible pour Leonid et Sacha.

Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant.

La plume de Guenassia est très belle. Je ne m’attendais pas à grand chose et j’ai été bien surprise. Elle est précise et on voit que chaque mot a bien été réfléchi. Il s’agit d’un roman travaillé puisque l’auteur a mis six ans à l’écrire et on peut bien voir que toutes ces années de travail ont porté fruit. Un autre élément qui m’a fascinée est l’importance du premier chapitre. Sur le coup, je l’ai lu et évidemment, je n’ai pas trop compris, mais quand j’ai refermé le livre, j’ai relu le premier chapitre et ça m’a marquée de voir à quel point le travail de Guenassia est intelligent et recherché. Bref, je lirai certainement un autre de ses livres.

Quand j’ai tourné la dernière page, j’étais triste. Parce que la fin déchire le coeur et parce que je ne voulais pas quitter cette histoire. Mais c’était une tristesse qui ne faisait pas trop mal. Alors que j’ai pris un peu de recul et que j’écris ces lignes, je me sens soudainement nostalgique. Un sentiment qui sert le coeur. Puisque je réalise que j’ai définitivement quitté les personnages de ce roman. Et qu’ils n’y en aura jamais d’autres comme eux.

C’est un livre à lire. Absolument. C’est un roman porteur d’espoir. J’ai aimé cohabiter avec ces personnages, les aimer, mais aussi les détester par moment. Une chose est certaine, je les porte désormais tous dans mon coeur. Pour toujours.

separateur

9782253159643-001-TMichel Marini avait douze ans en 1959, à l’époque où du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau.
Il y a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres, qui avaient traversé le Rideau de Fer pour sauver leur peau, abandonnant leurs amours, leur famille et trahissant leurs idéaux. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs  d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Ils étaient liés par un terrible secret. 
Cette rencontre bouleversa la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

COUP DE COEUR 

 

GUENASSIA, Jean-Michel, Le Club des Incorrigibles Optimistes, Albin Michel, 2009, 729 p.

Publicités

6 réflexions sur “Le Club des Incorrigibles Optimistes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s