Les lettres chinoises • Ying Chen

13219835_10208091446516929_48974564_n

Il y a quelques semaines, mon copain a dû lire ce livre pour un de ses cours. Après l’avoir terminé, il m’a dit que je devrais le lire, que je l’aimerais sûrement. Dès que j’ai pu, je l’ai lu. J’étais bien curieuse de voir ce qui, selon lui, allait me plaire. Je viens tout juste de le refermer  et je crois que j’ai compris…

« À Shanghai, deux jeunes gens, Yuan et Sassa, sont amoureux. Mais parce qu’il se sent étranger dans son propre pays, Yuan choisit un jour de s’établir à Montréal. Sassa, qui se refuse à voir dans l’exil un remède au mal de vivre, décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement ? »

Les lettres chinoises est un roman épistolaire qui relate l’histoire d’amour déchirante entre deux amoureux. Yuan décide de quitter pour le Canada avec la conviction que Sassa le retrouvera le plus tôt possible. Elle n’a qu’à attendre son passeport et elle pourra retrouver les bras de son amoureux rapidement. Malheureusement, Sassa se laisse tranquillement dépérir et perd tout espoir de retrouver son amoureux. Entre ses deux personnages, il y aussi Da Li, une amie du couple. Je ne la considérais pas importante à l’histoire, mais elle l’est beaucoup plus qu’on peut le penser.

« Mais comment être moi-même sans toi ? Je suis comme un cerf-volant qui vole très loin, vraiment très loin, et dont la corde est entre tes mains. Si tu lâches la corde, où ira-t-il, ce cerf-volant ? » 

Yuan m’a énormément plu pour son côté aventureux. Il est conscient que la vie qu’il mène en Chine n’est pas idéale pour lui et il fait le choix de partir même s’il sait très bien qu’il laisse une grosse partie de sa vie à Shanghai.  Malgré cela, il reste très attaché à Sassa et on arrive à ressentir l’amour qu’il a pour elle. Cependant, vers la fin, quand j’ai compris ce qui se tramait, Yuan m’a tellement déçue… Sassa, tant qu’à elle, m’a touchée. Elle est seule, triste et malade. Elle aime Yuan de tout son être, mais elle se sent si faible, si détachée du monde extérieur. J’ai ressenti beaucoup de tristesse pour elle et je ne cessais d’imaginer à quel point elle devait avoir besoin du réconfort des bras de Yuan pour tranquillement remonter la pente. Malgré tout, je crois que Sassa a fait preuve d’un courage et d’une force incroyable.

Ce livre est très court; il fait moins de 150 pages. Du coup, l’histoire passe atrocement vite et en très peu de temps, on se retrouve à la dernière page. C’est peut-être le seul reproche que je peux faire à ce livre. S’il avait plus long, je me serais davantage attachée aux personnages et j’aurais eu plus de mal à les quitter. Comme je n’ai eu besoin que d’une heure ou deux pour venir à bout de ce roman, j’ai quitté Yuan et Sassa comme je les ai rencontrés: rapidement et sans vraiment m’en apercevoir.

« Quand nous nous promenions tous les deux dans la rue, tu t’amusais à me lâcher soudain la main pour aller te cacher parmi la foule. Mais je t’apercevais tout de suite à travers d’innombrables têtes. Tu revenais alors auprès de moi avec le sourire las d’un prisonnier heureux. Et moi je n’aimais pas ce jeu. Je te battais la poitrine comme une touriste perdue qui frappe une porte.
Mais cette fois-ci, je ne te trouve plus. Ton pas sonne encore à mes oreilles, mais je ne te vois plus. »

Ce qui est bien avec la littérature chinoise, c’est que les auteurs s’inspirent grandement de leur culture et de l’emprisonnement dont ils sont victimes. C’est toujours intéressant d’en apprendre davantage sur un pays si lointain et de pouvoir le comparer avec le nôtre. Une chose est certaine, je ne voudrais pas vivre en Chine…

L’écriture de Ying Chen est douce, mais percutante. Certaines phrases nous vont droit au cœur, alors que d’autres nous apaisent. En gros, c’est une écriture qui fait du bien.

Bref, vous l’aurez compris, ce roman épistolaire m’a envoûtée. En le lisant, je n’ai pas vu le temps passer et j’aurais bien continuer à lire pendant des heures s’il n’avait pas été si court. S’il vous tente, n’hésitez pas. C’est un petit livre qui ouvre les yeux sur la réalité d’une autre culture et sur la séparation de deux jeunes personnes qui s’aiment, mais qui doivent se laisser partir…

★★★☆☆

Les lettres chinoises de Ying Chen, publié aux éditions Leméac en 1993, 139 pages

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s