Un amour rythmé par la folie

Tango Painting by willem haenraets; Tango Art Print for sale
Williem Haenraets

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque un peu sur un coup de tête. J’avais entendu des avis très positifs à son sujet et comme il est très court, je me suis laissée tenter. Je ressors toutefois très mitigée de cette lecture et je ne suis toujours pas certaine d’avoir aimé ou non.

En attendant Bojangles raconte l’histoire d’une petite famille de trois. La mère, chef du trio, a un caractère très imprévisible ce qui fait que le père et le fils n’ont aucune idée à quoi s’attendre avec elle. Elle est heureuse puis triste, enjouée puis en colère, mais toujours amoureuse. C’est un roman sur l’amour qui amène le lecteur à se demander si ce sentiment a raison d’être plus fort que tout.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai un avis assez mitigé. Dès le début, la mère est atypique : elle demande à son mari de l’appeler par un différent prénom à chaque jour, elle vouvoie son fils et elle lui offre une éducation bien spéciale. Rapidement, on se rend compte qu’elle est atteinte d’une maladie mentale. Et le père embarque dans son jeu. C’est là que ça m’a posé problème. Je peux comprendre l’attrait d’une vie de fantaisie où on ne sait jamais si un élément est vrai ou faux, où chaque jour est une opportunité de créer un monde nouveau et de fêter, mais quand cela touche un enfant, je ne suis plus tellement en accord avec ce mode de vie. En fait, j’ai trouvé le père égoïste. Il aime sa femme, il aime la vie de frénésie qu’il a crééé avec elle, mais le petit garçon devra éternellement se remettre de cette enfance bric-à-brac. Certes, ses parents sont une des plus belles preuves d’amour qui soit, mais ce n’est pas suffisant à mes yeux. Vous voyez un peu mon dilemme : j’accepte leur amour fou mais je refuse qu’un enfant soit déboussolé pour le restant de ses jours.

Le problème c’est qu’elle perdait complètement la tête. Bien sûr, la partie visible restait sur ses épaules, mais le reste, on ne savait pas où il allait.

Le point fort du roman, élément qui fait que j’ai persisté dans ma lecture quand j’avais envie de tout arrêter, est la prose de l’auteur. En grande majorité, l’enfant est le narrateur de l’histoire et j’aimais son ton naïf, mais aussi rempli de sens. L’enfant voit bien que sa mère a un problème, que ses crises récurrentes ne sont pas normales, mais malgré tout, il continue à l’aimer, à lui trouver des excuses et à tout faire pour lui conserver ses illusions. En fait, la mère est un peu l’enfant dans cette famille. Quand ce n’est pas l’enfant qui raconte, le lecteur a accès au journal du père. Ce sont des passages qui aident énormément pour comprendre l’état de la mère et pour apporter quelques précisions. Peu importe les passages, Olivier Bourdeaut a une très belle plume et je serais bien contente de le voir publier un deuxième livre.

Bref, je suis encore bien perplexe face à cette lecture. Je pense qu’elle pourrait plaire à plusieurs, car le sujet est intéressant et touchant, mais en même temps… je ne sais pas. Je suis bien déboussolée moi-même.

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Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

★★★☆☆

BOURDEAUT, Olivier, En attendant Bojangles, Finitude, 2015, p. 158.

Le Club des Incorrigibles Optimistes

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Ce roman reposait dans ma bibliothèque depuis une éternité, quand mon amie Océane (m’a annoncé qu’elle comptait le lire prochainement. Sans aucune hésitation, je lui ai proposé de faire une lecture commune.

Le Club des Incorrigibles Optimistes a comme narrateur le jeune Michel Marini. À tous les jours, il va jouer au baby-foot au Balto. Curieux, il découvre rapidement ce qui se cache derrière la porte de l’arrière-salle: un club d’échec. Là, il fera la rencontre de plusieurs hommes qui changeront sa vie. Et la nôtre du même coup.

L’intrigue tourne principalement autour des personnages du Club. On veut connaître leur passé et ce qui fait qui ils sont aujourd’hui. Rapidement, l’auteur nous fait comprendre qu’il y a un problème entre Sacha et tous les autres membres, mais surtout Igor. Michel, tant qu’à lui, essaie tant bien que mal de réussir à l’école tout en ayant une famille plutôt dysfonctionnelle qui lui cause bien des soucis.

Je n’ai jamais compris comment on pouvait dire une chose et faire son contraire. Jurer qu’on aime quelqu’un et le blesser, avoir un ami et l’oublier, se dire de la même famille et s’ignorer comme des étrangers, revendiquer des grands principes et ne pas les pratiquer, affirmer qu’on croit en Dieu et agir comme s’il n’existait pas, se prendre pour un héros quand on se comporte comme un salaud.

Au tout début, ce qui m’a vraiment plu, c’est l’atmosphère littéraire. Elle est très présente. Michel est un passionné de littérature : il lit sans arrêt, en marchant, en cours au lieu d’écouter le prof, tout le temps. Lorsqu’il découvre un auteur, il lit tous ses livres, du premier au dernier, avant de changer d’auteur. Le fait qu’il aime autant lire l’a rendu très attachant à mes yeux. Les chapitres où on le suit dans son quotidien étaient aussi mes préférés. Dans les autres, on suivait les personnages du Club dans leur vie privée -bien souvent en Russie- et parfois, je trouvais les pages un peu longues. Retrouver Michel était un plaisir à chaque fois. J’ai aimé le suivre dans sa vie, comme dans ses lectures.
Toutefois, ce qui fait vraiment la force de ce roman à mes yeux, c’est la relation entre tous les membres du Club. Ce sont tous des hommes, plutôt âgés, qui ont quitté leur pays pour trouver refuge à Paris. C’est ce qui les unit. Et jamais bien loin, il y a Michel. Ils passent leur temps à jouer aux échecs, mais ils sont toujours présents si l’un des leurs a un problème. J’aurais aimé être à la place de Michel pour pouvoir passer du temps avec eux. Avec le temps, ils sont devenus des frères et c’est beau à voir. Malgré tout. J’ai eu un faible pour Leonid et Sacha.

Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant.

La plume de Guenassia est très belle. Je ne m’attendais pas à grand chose et j’ai été bien surprise. Elle est précise et on voit que chaque mot a bien été réfléchi. Il s’agit d’un roman travaillé puisque l’auteur a mis six ans à l’écrire et on peut bien voir que toutes ces années de travail ont porté fruit. Un autre élément qui m’a fascinée est l’importance du premier chapitre. Sur le coup, je l’ai lu et évidemment, je n’ai pas trop compris, mais quand j’ai refermé le livre, j’ai relu le premier chapitre et ça m’a marquée de voir à quel point le travail de Guenassia est intelligent et recherché. Bref, je lirai certainement un autre de ses livres.

Quand j’ai tourné la dernière page, j’étais triste. Parce que la fin déchire le coeur et parce que je ne voulais pas quitter cette histoire. Mais c’était une tristesse qui ne faisait pas trop mal. Alors que j’ai pris un peu de recul et que j’écris ces lignes, je me sens soudainement nostalgique. Un sentiment qui sert le coeur. Puisque je réalise que j’ai définitivement quitté les personnages de ce roman. Et qu’ils n’y en aura jamais d’autres comme eux.

C’est un livre à lire. Absolument. C’est un roman porteur d’espoir. J’ai aimé cohabiter avec ces personnages, les aimer, mais aussi les détester par moment. Une chose est certaine, je les porte désormais tous dans mon coeur. Pour toujours.

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9782253159643-001-TMichel Marini avait douze ans en 1959, à l’époque où du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau.
Il y a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres, qui avaient traversé le Rideau de Fer pour sauver leur peau, abandonnant leurs amours, leur famille et trahissant leurs idéaux. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs  d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Ils étaient liés par un terrible secret. 
Cette rencontre bouleversa la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

COUP DE COEUR 

 

GUENASSIA, Jean-Michel, Le Club des Incorrigibles Optimistes, Albin Michel, 2009, 729 p.

Le goût du bonheur: Gabrielle

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Le premier tome de cette trilogie me narguait depuis longtemps. À chaque fois que j’allais à la bibliothèque avec ma Mami, je l’empruntais. Au bout de trois semaines, parfois six, je lui rendais en lui disant que je n’avais pas eu le temps de le lire. C’est arrivé deux ou trois fois. Un jour que j’allais lui remettre pour une autre fois, elle m’a dit de le garder, que je l’avais jusqu’en août. J’ai fini par m’y mettre, je l’ai lu. Et je me demande encore aujourd’hui pourquoi j’ai attendu aussi longtemps.

Le premier tome de la trilogie Le Goût du bonheur trace les premiers pas de la famille Miller. Ils sont une grande famille unie où chacun est différent, mais très attachant à sa façon.

Gabrielle fait désormais partie de ces personnages que j’admire totalement. À une époque où la femme n’a pas de voix, Marie Laberge en offre une à Gabrielle, une voix bien présente. Elle s’intéresse au droit de votes des femmes ainsi qu’à la protection des enfants de familles démunies, elle a tout  d’une femme moderne. Elle se tient debout, droite et forte. À ses côtés, jamais bien loin, il y a Edward, son mari. Ce dernier respecte sa femme et l’inclut dans ses décisions. Ils sont un couple fort, amoureux et sans vouloir me répéter: moderne. Ils sont sans aucun doute l’un de mes couples littéraires préférés.

Avant souper, j’ai raconté à Reine comment ça se passait chez nous. Comment on était élevées et traitées, les filles Bégin. Ça m’est resté en travers de la gorge tout le long du repas. Je regardais mes filles à table et j’avais le coeur serré à penser qu’elles seraient peut-être oubliées, elles aussi. Comme si on ne comptait pas, comme si une ou l’autre, ça ferait pareil. Mon nom… celui de Germaine. Une sorte de paquet informe : les femmes. Les créatures, que mon père disait. Quand j’entends ça, c’est plus fort que moi, je vois un pacage avec des bêtes qui bougent tout en tas et tout en désordre. Comme ça reste en dedans de l’enclos, ça dérange rien pour l’ordre du reste. C’est de même que je sens ça, Edward : je suis enfermée dans un enclos et que je fasse ce que je veux, que je piaffe, que je rue, ça fera pas de différence, l’enclos est bien fermé, bien étanche. Il y a quelque chose de tellement triste là-dedans. Comme si la vie nous prenait moins à coeur, nous autres, comme si on avait moins de désirs, moins d’urgence que les autres. Sauf pour nos enfants : là on a le droit d’avoir de la volonté et de l’ambition. Je le sais que c’est ridicule, l’histoire du nom, mais c’est comme si je n’existais pas par moi-même. Et je ne peux pas croire que c’est ça, vraiment ça, ma vie ! J’existe dans mes enfants, je sais. Mais c’est pas vrai, Edward, j’existe tellement fort en dedans de moi-même, tellement enragée et volontaire que c’est presque pas croyable que ça n’éclate pas plus. Je vais t’avouer une chose scandaleuse : si je ne t’aimais pas autant, si je n’avais pas ton amour dans ma vie, si je n’avais pas tes yeux qui me regardent vraiment, si je n’avais pas toutes nos folleries pas disables, tout ce qui se passe ici entre nous si je n’avais pas ça, je ne pourrais jamais être la mère et la femme respectable que je suis. Si je ne t’aimais pas comme je t’aime, Edward, je ne serais pas vivable. Pour personne. Et pour moi non plus. Je ne pourrais pas faire comme mes soeurs, je ne pourrais pas parce que ça éclaterait, ce que j’ai dans le coeur. 

Outre ces deux-là, je me suis prise d’affection pour Adélaïde et Florent, que j’ai hâte de voir évoluer dans les tomes suivants, et pour Nic, ce protecteur de la famille Miller, qui m’a troublée à certains moments, mais pour qui j’ai un grand respect.

La plume de Marie Laberge est douce, mais poignante. Elle fait du bien, comme elle fait mal par moment. À plusieurs reprises, je relisais un passage pour être certaine que chaque mot était bien imprégné dans mon esprit. À chaque fois, j’étais charmée.

Sans qu’il y ait de grande intrigue, chaque personnage a son intrigue propre. On se demande où ils vont aller, ce qu’ils vont faire, comment ils vont s’y rendre. J’ai pris un grand plaisir à suivre ces personnages individuellement et en groupe parfois. Ce premier tome est un gros pavé et pourtant, j’en voulais toujours plus et je ne voulais pas que ça cesse.

Si je peux m’attarder sur un passage en particulier, ce sera celui de la fin. La fin de ce premier tome est brutale. Elle fait mal. Atrocement mal. Encore aujourd’hui, je n’en suis toujours pas remis et je me dis que c’est impossible, que ça ne se peut pas. Que je commencerai le tome 2 et que je découvrirai que c’était une grosse blague.  Je ne veux pas y croire. J’espère que le tome suivant mettra un peu de baume sur mon coeur. D’ici là, j’espère avoir guéri de cette fin.

Vous aurez compris que malgré tout, ce livre a été un gros coup de coeur pour moi. Il m’a fait mal au coeur, mais il l’a aussi apaisé. Vraiment, lisez ce livre. Découvrez cet univers. Et comme moi, vous remercierez Marie Laberge de l’avoir créer.

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couv29384941Québec, 1930. Gabrielle est mariée avec Edward depuis bientôt dix ans. Entre la maison de l’Île d’Orléans et celle de la Grande-Allée, elle mène une vie bien remplie, entourée de ses cinq enfants.
De toute évidence, il s’agit d’un mariage heureux. Mais cette chose qui devrait être si simple fait pourtant froncer bien des sourcils dans l’entourage de Gabrielle. Décidement, le bonheur est suspect en cette époque où notre sainte mère l’Église nous dit que nous ne sommes pas sur Terre pour être heureux mais pour accomplir notre devoir.
L’élégante Gabrielle a bien du mal à se soumettre au code strict de la société bien sage et bien pensante. Et si c’était possible de changer le monde autrement que par la prière?

COUP DE COEUR 

LABERGE, Marie, Le goût du bonheur: Gabrielle, Boréal, 2001, 616 p.

Les tribulations de l’Écureuil #2 (Juillet 2017)

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Mes lectures du mois

En juillet, j’ai lu trois livres, presque quatre. J’ai commencé le mois avec Du bon usage des étoiles, un coup de coeur. Depuis que j’ai lu Le Comte de Monte-Cristo, je suis amoureuse des marins, alors retrouver un univers semblable m’a fait un bien fou. Ensuite, j’ai lu Les maisons, une belle découverte mais sans plus. J’ai rapidement lu le tome 2 de L’épouvanteur. Je ne l’ai pas chroniqué et je ne pense pas chroniquer les autres tomes, mais j’ai passé un bon moment et je suis contente de suivre le parcours de Tom et de voir qu’il devient de plus en plus mature. Vers la fin du mois, j’ai commencé Gabrielle de Marie Laberge, que je viens tout juste de terminer. Ce livre, je vous en reparle sous peu, a été un énorme coup de coeur: je suis dévastée. J’ai aussi lu quelques bandes-dessinées: je passe toujours un bon moment.
Malgré que j’aurais aimé lire davantage, je suis très contente des lectures que j’ai faites en juillet.

En juillet, on se souvient de quoi ?

Juillet a été un très bon mois. J’ai passé plusieurs heures dehors, tranquille, à lire. Ça m’a fait un bien fou. Je n’ai pratiquement lu que des livres québécois, chose rare, et je dois dire que je suis comblée. J’ai l’impression de découvrir une nouvelle littérature et elle me plaît complètement. J’ai regardé la dernière saison de Pretty Little Liars; j’y étais accro et je l’ai dévorée en quelques jours. Mais la fin m’a déçue, comme beaucoup.
Durant le mois, il a fait très chaud, alors j’en ai profité pour aller me baigner souvent et me faire bronzer. Je n’ai jamais été autant bronzée de toute ma vie (oui, je trouvais important de le mentionner). J’ai passé du bon temps avec ma famille et je me rends compte à quel point ils sont importants pour moi.
Vraiment, juillet a été un très bon mois.

Les prévisions d’août

Août, le dernier mois des vacances. Je veux profiter, tout simplement. M’amuser. Me reposer. Lire. Découvrir de nouvelles choses. Peut-être aller à la mer.
Côté lectures, je ne sais pas encore ce que je vais lire vraiment. Je vais y aller comme je le sens tout simplement. Aucune pression. En août, je veux juste profiter des petites choses et me créer mon propre bonheur.

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L’instant bulle #2

9782922827736_originalC’est pas facile d’être une fille 2: Tout va bien aller

Dans ce deuxième tome, Estelle prépare son mariage. Ça m’a fait plaisir de retrouver cette héroïne. Sa vie est comique, mais aussi un peu dramatique. Sa meilleure amie est en pleine crise: elle ne sait plus qui elle est. Estelle doit ainsi dealer avec toutes les petites choses de la vie, tout en préparant son mariage. C’est une femme qui est forte et qui est supporté d’un amoureux incroyable. Il prend soin d’elle et il la réconforte lorsqu’elle doute. J’ai adoré ce deuxième tome, je crois même l’avoir préféré au premier. J’ai hâte au prochain !

 

 

hivernucleaire2Hiver nucléaire 2

Dans mon premier Instant bulles, je vous parlais du premier tome de Un hiver nucléaire. Rapidement, j’ai emprunté le suivant. On retrouve Flavie, un peu affaiblie dû aux réactions chimiques produites dans l’air, avec un nouveau « problème » : sa soeur débarque chez elle sans préavis ! La protagoniste est très attachante et on peut facilement se reconnaître en elle. Elle m’a charmée une fois de plus.
Le seul bémol de cette bande-dessinée, je dirais, c’est qu’elle me parait affreusement courte. J’ai l’impression de claquer des doigts et l’histoire est déjà conclue… mais j’ai quand même passé un chouette moment entouré de neige !

 

ACH003239544.1349795786.580x580Jane, le renard et moi

Je vous garde encore mon coup de coeur pour la fin. Je voulais le lire depuis une éternité, alors imaginez mon bonheur quand je l’ai vu à la bibliothèque. Jane est une jeune fille qui se fait intimidée et qui n’a aucun ami. Elle est très triste et elle trouve son unique plaisir dans la lecture, soit Jane Eyre. Je me suis attachée à cette petite fille, car je me suis vue en elle. Et les dessins sont sublimes, très sombres et la couleur est mise stratégiquement. Tout est parfait. Je le recommande fortement.

 

Hantée

Abandoned House Living Room

À quel moment se remet-on de son passé ? À travers Les maisons, Tessa tente de répondre à cette question lorsqu’elle revoit son amour de jeunesse bien des années après que leur relation ait connu un terme. Plus le temps avance, plus Tessa se demande si on se remet réellement un jour de son passé.

Lorsque j’ai terminé ma lecture, j’ai eu ressenti plutôt positif. Pourtant, aujourd’hui, alors que j’ai refermé ce livre il y a plusieurs jours déjà, mon souvenir commence déjà à s’estomper. Je pense qu’il m’a manqué un petit quelque chose, cet élément de plus qui fait chavirer mon coeur.

L’histoire de Tessa m’a laissé perplexe. Sa vie est plutôt banale: elle a un travail, un mari et trois enfants. Puis un jour, elle tombe sur son ex. À partir de ce moment-là, elle remet tout en question. Si cette réaction est naturelle, je pense qu’elle m’a un peu énervée. Elle a un mari idéal, trois garçons adorables et elle est prête à tout risquer pour retrouver la fougue du premier amour. Elle ne réfléchit même pas: elle va revoir son ex, peu importe le prix à payer. J’aurais aimé sentir le déchirement de Tessa, alors que tout ce que j’ai vu est sa lâcheté. Certes, on peut y voir du courage puisqu’elle est prête à tout, mais en quoi est-ce courageux d’abandonner des gens qui comptent sur elle ?

À un moment, Tessa retourne loin dans son passé et elle aborde le sujet de sa mère. Ces pages m’ont énormément plu puisqu’elles nous présentent Tessa à son commencement dans la vie et on voit rapidement que ses fondations ne sont pas très solides.

Je ne comprenais pas encore que ça n’avait rien à voir, que ce qui la tendait à se rompre, c’était l’effort contenu qu’elle mettait à ne pas me décevoir, à ne pas révéler l’inconstance financière de mon père; ce qui faisait trembler ses lèvres, c’était l’amour.

La plume de Fanny Britt est de celle qui se laisse lire avec fluidité. On ne voit pas les pages défilées, car on a l’impression d’écouter un ami qui nous raconte sa vie. Et on ne se lasse pas de l’entendre.

Malgré tout, je pense que Les maisons possède du matériel qui nous porte à réfléchir. Qu’on soit en accord ou non avec les choix de Tessa, on se met facilement à sa place et on se demande rapidement quels auraient été nos choix. Après tout, qui n’a jamais été tenté par son passé ?

 

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9782924491119_originalDans trois jours, Tessa, agente d’immeuble et mère de trois enfants, a rendez-vous avec un homme.
Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, l’essayage d’un maillot de bain, un pont à ne pas briser, des rappels de l’enfance, la peur de vieillir dans l’amertume. Habitée par une peine indélogeable, Tessa examine les contours de son passé. Cesse-t-on un jour de désirer ce que l’on a si ardemment voulu ?

★★★☆☆

BRITT, Fanny, Les maisons, Montréal, Le cheval d’août, 2015, 221 p.

 

De la poésie jusqu’en Arctique

Icebreaker ship, Beaufort Sea, U.S.A.
Le brise-glace canadien Louis S. St-Laurent, se frayant un chemin à travers les glaces du bassin canadien en mer de Beaufort, Alaska. © Paul Nicklen/National Geographic Stock / WWF-Canada

Quand j’ai pris ce livre entre mes mains, j’ai su qu’il allait me marquer. Je pense qu’il est arrivé au moment où j’en avais le plus besoin: je voulais un livre qui me charme en me transportant ailleurs. Je rêvais d’évasion pour un moment.

Du bon usage des étoiles raconte plusieurs histoires. On suit Francis Crozier, sir John Franklin, leurs matelots et les femmes qui occupent leur coeur. L’histoire principale est celle qui se déroule sur les navires. On partage le quotidien de plusieurs marins qui naviguent vers l’Arctique et qui, un jour, se retrouvent prisonniers de la glace. Ils n’ont alors qu’un seul choix: attendre que la glace se dissipe. Et comment font-ils pour oublier le froid qui s’empare pas à pas de leurs os? Ils se réchauffent avec l’Art.

Perlerorneq. C’est le mot par lequel les Esquimaux nomment ce sentiment rongeant le coeur des hommes pendant l’hiver qui s’étire sans fin et où le soleil n’apparaît plus que de loin en loin. Perlerorneq. Rauque comme la plainte d’un animal qui sent la mort approcher.

Si j’ai autant apprécié ma lecture, c’est grâce à deux éléments. Le premier est l’atmosphère froid que l’histoire dégage et qui nous donne comme seule envie de nous réchauffer avec un bon thé chaud. Comme les matelots, on se sent attaqué par le froid arctique et le confort de notre lit semble encore plus élevé. Ensuite, la présence de la littérature sous toutes ses formes m’a touchée. Dominique Fortier nous offre de la poésie, du théâtre, de la lecture: elle nous montre que quand il n’y a plus rien, il y a encore l’Art. Et que s’il ne peut pas nous sauver, il peut au moins nous maintenir en vie.

Francis Crozier est le personnage auquel le lecteur a le plus accès puisqu’il se confie à travers son journal de bord. Comment ne pas s’y attacher ? Il est amoureux, mais prisonnier de sa solitude. À plusieurs reprises, il fait face à des situations sans lendemain qui le pousse à prendre de graves décisions. Je me souviendrai de lui pour sa sensibilité et sa force qui font de lui un grand homme.

Crozier savait mener des hommes dans la bataille comme dans la paix, il savait lire la mer et le paysage, les nuages et les astres, il savait le grand corps de bois de son navire aussi sûrement que celui d’un chien fidèle, mais il ignorait et ignorerait toujours comment présenter une tasse de liquide tiède et acide à une dame de manière à ce qu’elle s’en régale et se considère comme son obligée. Pour cela, il aurait troqué le reste sans hésitation.

Dominique Fortier possède une de ses plumes qui se savoure doucement. Je me sentais comme un enfant le jour de Noël devant ses mots: j’étais émerveillée. Devant un style d’écriture qui nous plait à ce point, on a tendance à toujours en redemander plus. Toutefois, avec cette autrice, j’étais constamment comblée. Je n’avais pas cette soif qui me commandait à toujours continuer à lire. Je dégustais chaque phrase, chaque mot avec un plaisir divin.

Du bon usage des étoiles, c’est un livre qu’on lit seul, emmitouflé sous les couvertes avec un faible éclairage. Pour se protéger du froid et pour se rappeler que l’Art nous est offert afin de nous réchauffer le coeur.

À lire en écoutant cette chanson… 

 

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129 hommes, deux navires, 45 tonnes de nourriture et une tonne de thé.
Trois années passées dans les glaces de l’Arctique et puis l’éternité.

Mai 1845, le Terror et l’Erebus, sous le commandement de sir John Franklin, partent à la conquête du mythique passage du Nord-Ouest avec, à leur bord, suffisamment de provisions pour survivre des années aux rigueurs de l’Arctique. Les navires se retrouvent bientôt prisonniers des glaces, et un nouveau voyage s’amorce, immobile celui-là, dont Francis Croznier, second de l’expédition, rend compte dans son journal, évoquant le froid, la faim, le désespoir qui guette les hommes. Pendant ce temps, en Angleterre, celle qu’il aime multiplie les bals et les thés en compagnie de sa tante lady Jane Franklin, prête à tout pour retrouver son mari.

_________________COUP DE COEUR 

FORTIER, Dominique, Du bon usage des étoiles, Alto, 2010, 335 p.